Le livre du mois : « Tyrannie » de Richard Malka

 « Tyrannie », premier roman de Richard MALKA, paru chez Grasset.

Jusque-là, Richard Malka était à la fois avocat et scénariste de bandes dessinées. Connu du grand public à l’occasion de l’attentat contre Charlie Hebdo, dont il est l’avocat, son palmarès remplit plusieurs pages de Wikipédia : Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, Carl Bruni, Caroline Fourest, Pascal Bruckner, Manuel Valls, George Kiejman, pour ne citer que quelques exemples célèbres. Il passe aujourd’hui de la bande dessinée au roman.

Mais le pas à franchir n’est pas trop grand entre Richard Malka, défenseur des libertés et de la laïcité, et l’avocat Raphaël Constant, défenseur d’Oscar Rimah, auteur de l’assassinat du 1er secrétaire de l’ambassade d’Aztracie, dictature où la novlangue chère à George Orwell dans 1984 a trouvé son terrain de jeu.

Tout l’avocat Richard Malka est dans ce livre, de la prison de Fresnes, dont la description dans le premier chapitre du livre ne sera pas sans évoquer quelques souvenirs à ceux qui ont eu l’occasion d’y entrer, jusqu’aux acteurs d’un procès (accusé, journalistes, juges, avocats, témoins…) avec lesquels il a visiblement du plaisir à jouer.
Quant à l’homme Richard Malka, sur lequel Wikipédia est complètement muet, on lui souhaite plus de succès en amour que son double, qui, avant de rencontrer Amalia, la fiancée du « secrétaire général du Ministère de la Transparence et de la Vertu » d’Aztracie, n’était que névroses et addictions.

Un livre qui aborde avec clarté quelques grandes questions d’actualité et rappelle que Staline, Mao, Robespierre et bien d’autres, qui ont asservi leur peuple au nom du bien, ne sont pas morts.
N’a-t-on rien appris de l’Histoire ?!

 

Ci-dessous, le texte de la 4ème de couverture du livre et celui du premier chapitre

La 4ème de couverture :

Aux portes de l’Occident, un dictateur opprime son peuple au nom de la transparence et de la pureté. Dans cette prison à ciel ouvert, les enfants ont le visage masqué et les citoyens récitent en masse un petit livre dont l’idéologie venimeuse contamine peu à peu le monde…
À Paris, dans une salle d’audience scrutée par la presse internationale, un homme, évadé de ce pays de cauchemar et seul rescapé d’un massacre, tente de justifier son crime politique. Saura-t-il réveiller les consciences  ?
Son avocat, un grand plaideur ombrageux, ambigu, sensuel, doit accomplir l’impossible  : obtenir l’acquittement d’un meurtrier qui revendique son acte.
À ses côtés, la nuit, le jour, une réfugiée politique irrésistible à laquelle il se lie de passion trouble  : qui manipule qui  ?
Journalistes, témoins, psychiatres, juges ou avocats, c’est notre temps qui se joue dans ce procès du siècle, avec ses mensonges, ses secrets et ses grâces inattendues…
Rappelant 1984 de George Orwell et Douze hommes en colère, entre utopie politique, roman d’amour et thriller judiciaire, Tyrannie est un premier roman comme la scène littéraire française n’en offre pas.

 

Le premier chapitre :

Oscar Rimah était incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes, en division sud, à l’isolement, régime assez inhumain hérité des quartiers de haute sécurité. Sa célébrité imposait qu’on le protège des autres, ceux qui voulaient le sauver et ceux rêvant de l’abattre. Cette mesure compliquait la tâche de son avocat, contraint à de longs et tatillons contrôles pour parvenir jusqu’à lui. Surtout, il y avait ce que Raphaël considérait être un chef-d’œuvre de perversité pénitentiaire. Les parloirs sont rarement décorés de roses ; mais avec celui de la division sud de la maison d’arrêt située 1, allée des Thuyas à Fresnes, on touchait au sublime.

La pièce, sale et malodorante, devait mesurer deux mètres de long sur un mètre et demi de large. L’avocat et son client étaient assis face à face, sur des chaises d’écoliers, à peine séparés par une petite table. Mais ce lieu avait une spécificité. Quel que fût le niveau sonore adopté, il était impossible d’entendre ce que disait la personne située à trente centimètres. On avait dû faire appel aux plus grands acousticiens pour parvenir à cette prouesse. Les sons émis, graves ou aigus, chuchotés ou hurlés, finissaient en grognements. C’était à devenir fou.

Selon la loi d’airain de l’univers carcéral, les meilleures conditions de détention devaient être plus douloureuses à supporter que le sort du plus pauvre des hommes libres. Le peuple ne saurait accepter qu’il n’en soit pas ainsi. À Fresnes, ce non-dit était respecté. Les conditions de vie y étaient épouvantables.

Rimah ne ressemblait plus à celui qu’il était lorsque, deux ans auparavant, il avait fui son pays. Il était devenu le plus célèbre criminel de son temps. Seule la cause qu’il défendait le maintenait en vie.

 

Pour en savoir plus sur Richard MALKA, avocat et auteur :

https://richardmalka.com/

Tyrannie MALKA

 

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